Habiter sainement et économiquement grâce au règlement EPB
Le 1er janvier 2006, la réglementation en matière de prestations énergétiques (EPB) a été introduite pour les nouvelles constructions. Mais celui qui rénove doit également tenir compte de cette norme pour les nouvelles parties construites. Tout cela a un rapport avec une isolation efficace, une ventilation de l’habitation et une habitation économique. Ici, de nombreuses notions techniques surgissent.
Notions techniques
Celui qui se penche sur l’isolation entre immanquablement en contact avec un certain nombre de notions techniques :
Valeur K
C’est probablement la notion la plus émergente, surtout depuis l’introduction de la réglementation EPB le 1er janvier 2006 (normes imposées par les autorités pour la performance énergétique et le climat intérieur). La valeur K représente la valeur d’isolation totale d’un bâtiment. Un nombre bas indique une meilleure valeur d’isolation. Le nombre est le résultat de la valeur U (voir plus loin) de tous les éléments distincts de la construction (sols, murs, toit...). La valeur est à chaque fois influencée par les dimensions et la forme de construction de l’habitation. Une maison compacte obtient une valeur K inférieure. Une forme cubique obtient un meilleur score que lorsque toutes les fonctions d’habitation sont réparties au rez-de-chaussée. Des programmes de calcul spécifiques permettent à l’architecte de déterminer la valeur K d’une habitation. La valeur réelle peut différer du calcul théorique suite à la pose négligée de l’isolation. Depuis l’introduction de la réglementation EPB le 1er janvier 2006, la valeur K d’une habitation doit être de 45. Auparavant, cette valeur K était 55. Pour une nouvelle construction, toutes les normes reprises dans la réglementation sur la performance énergétique doivent être remplies. Ceci comprend entre autres la ventilation contrôlée. Pour une rénovation avec architecte, seule la partie ajoutée doit satisfaire à la norme EPB.
Valeur lambda
La valeur lambda fait référence à la manière dont un matériau conduit la chaleur. Une valeur basse indique une faible conduction de la chaleur et par conséquent de meilleures propriétés d’isolation.
Quelques exemples :
- Polyurethane (PUR & PIR) 0,023
- Laine minérale : 0,04
- Liège : 0.046
- Mousse polystyrène : 0.035
Valeur R
Cette notion représente la résistance thermique et est calculée en divisant l’épaisseur du matériau d’isolation (en mètre) par la valeur lambda. Un nombre plus élevé signifie une meilleure fonction isolante du produit. Un produit isolant plus fin peut donc obtenir un score égal ou supérieur à celui d’un matériau plus épais, pour autant que la valeur lambda soit inférieure.
La valeur R peut être utile lors de la comparaison des prix des matériaux d’isolation.
Valeur U
La valeur U indique le coefficient de transfert de la chaleur. Chaque matériau laisse passer une quantité de chaleur qui de ce fait est perdue. C’est notamment le cas entre un mur intérieur et un mur extérieur. La valeur U indique la quantité de chaleur transférée de l’air intérieur vers l’air extérieur de l’habitation par heure, par mètre carré et par degré. Plus la valeur est faible, plus la fonction isolante du matériau est meilleure. La valeur U est importante pour les matériaux de construction où l’épaisseur n’est pas seule déterminante, par exemple les fenêtres et les sols.
Quelques exemples :
- Simple vitrage : 5,7
- Verre super-isolant : 1,1
Épaisseur des matériaux d’isolation
Vu l’importance de la valeur lambda (conduction de la chaleur), on ne peut pas déterminer une épaisseur précise pour les matériaux d’isolation.
Dans le cadre d’une valeur K 45, nous donnons quelques exemples comme minima:
- Mur creux : 4 à 6 cm
- Sols : 4 cm
- Toitures : 8 à 10 cm
- Vitrage : double vitrage simple
L’isolation comme base
L’isolation est la base de l’habitation et de la construction durables. Une isolation efficace diminue automatiquement le besoin d’énergie pour le chauffage ou le refroidissement. Investir dans des techniques spéciales comme l’énergie solaire n’a pas de sens sans une isolation maximale. De telles techniques manquent leur but dans une habitation non isolée et représentent par conséquent un investissement dénué de sens.
Ne ratez pas les occasions d’isolation
Pour la nouvelle construction, la pose de l’isolation la plus optimale est beaucoup plus simple et plus avantageuse que pour les projets de rénovation. Non seulement les matériaux d’isolation choisis jouent un rôle dans le résultat, mais le soin avec lequel ces matériaux sont posés est également important. Lors du choix de l’isolation, tenez également compte de l’orientation de l’habitation.
On atteint ainsi un double effet : l’isolation contre le froid en hiver et contre la chaleur excessive en été.
Pour les nouvelles habitations, le coefficients K45 est depuis le 1er janvier 2006 exigé comme minima, mais si vous mettez davantage de moyens vous obteindrez rapidement un coéfficient de K30 voir moins.
Le surcoût d’une isolation pour passer de K45 à K30 représente environ 3000€; montant rapidement amorti vu les économies d’énergie que vous allez réaliser.
Effet de retour
Une bonne isolation récupère l’investissement par les économies réalisées au niveau du chauffage et/ou du refroidissement. Il est même possible de s’en sortir avec une installation de chauffage moins puissante et donc meilleur marché. Pour une nouvelle construction avec une valeur K 45, par rapport à l’ancienne valeur K 55 en vigueur, un investissement supplémentaire pour l’isolation de 1200 à 3000 euros est exigé. Réparti sur 20 ans, cela engendre un coût supplémentaire de 7 à 18 euros par mois. On réalise cependant une économie d’énergie de 22 euros/mois. En outre, il existe encore de nombreux avantages financiers via les subsides (dépendant de la région) et/ou la déduction fiscale.
Isolation rime avec confort
Une maison bien isolée paraît plus confortable, car les murs et les fenêtres ne laissent pas passer le froid durant l’hiver. Les murs froids au toucher constituent également la base pour la formation de moisissure.
Pertes de chaleur dans une habitation classique:
- Fenêtres : 29 %
- Cheminée : 27 %
- Toit : 20 %
- Murs : 19 %
- Sol : 5 %
Lors de travaux de rénovation, l’isolation du toit est une première intervention recommandée.
Ensuite, c’est au tour des fenêtres.
Hermétique
Du fait qu’il y a une importante différence entre la température mesurée et la “température ressentie”, ce phénomène doit absolument être enrayé dans notre habitation. Cela est uniquement possible en excluant les intempéries ou en d’autres mots, en isolant “hermétiquement” l’habitation. Une attention particulière est accordée à l’étanchéité des interstices et des fentes. Ici, des bourrelets autocollants et en silicone entrent en ligne de compte.
Pour les fenêtres et/ou les portes, l’isolation doit être aussi précise que possible afin d’exclure les ponts thermiques. Les fentes restantes doivent toujours être remplies. Pour les portes extérieures, veillez à une fermeture hermétique de la lame d’air sous le panneau de porte. Prévoyez également une sous-structure étanche au vent.
Double effet
Une isolation efficace repousse la chaleur hors de l’habitation en été et la conserve à l’intérieur en hiver. Tous les matériaux isolants ne peuvent pas garantir ce double effet.
Plus l’isolation est épaisse, plus la chaleur est récupérée. Veillez à ce que le matériau d’isolation corresponde parfaitement à la surface à isoler et qu’il n’y ait pas de joints ouverts entre les surfaces d’isolation. Une option est la pause chevauchée et en deux couches des surfaces d’isolation.
Un interstice de 1 mm de large et de 1 mètre de long sur une surface totale de 1 mètre carré engendre 3,8 fois plus de perte de chaleur que via les 999 mm restants. (source : VIBE)
Les murs et les toitures orientés sud-ouest et sud-est exigent des matériaux d’isolation retenant longtemps la chaleur. Cette isolation
est considérablement plus couteuse, mais offre plus de confort en été, sans devoir avoir recours au refroidissement
L’humidité malfaitrice
Lorsque l’humidité peut s’infiltrer et que l’isolation s’en imprègne, il fait froid et les moisissures apparaissent. L’isolation doit donc également être protégée contre l’humidité de l’extérieur.
La sous-structure, posée sous le recouvrement du toit, remplit ce rôle pour l’isolation du toit. Lorsque le recouvrement de toit est totalement hermétique, il faut éviter la vaporisation de l’intérieur étant donné que l’humidité ne peut plus s’échapper. Ceci nécessite une protection contre l’humidité de l’intérieur.
Rien que notre respiration engendre beaucoup d’humidité dans notre habitation. Si cette humidité entre en contact avec ces surfaces froides, il y a de la condensation. Nous pouvons éviter cela en posant un pare‑vapeur hermétiquement fermé à l’intérieur de l’isolation.
Coller le pare-vapeur aux bords avec le sol ou avec les murs. Les chevauchements doivent également être soigneusement collés.
Les conduites ne peuvent pas percer le pare-vapeur, sinon l’humidité pourrait atteindre l’isolation via ce passage. Ceci peut être évité en installant un pare-vapeur sur la sous-structure en lattes, entre lesquelles les conduites passent. Le pare-vapeur est indispensable pour une bonne isolation.
Pourquoi éviter les ponts thermiques
- D’un point de vue « technique » : Humidité dans la paroi et risquede corrosion des armatures.
- D’un point de vue « santé »: Diminution de la qualité de l’air dans le bâtiment et diminution du confort thermique (paroi froide).
- D’un point de vue « esthétique »: Aspect vétuste (moisissures et champignons), de plus la finition intérieure nécessite un entretien plus régulier et plus coûteux.
- D’un point de vue «économique» : Les pertes d’énergies peuvent être 15% plus élevées que prévues.
- Réglementation PEB: Les futures normes « performances énergétiques des bâtiments » exigeront de limiter strictement les ponts thermiques..
Il n’y a pas que l’isolation
Celui qui isole exclut le courant d’air, mais diminue aussi la circulation de l’air dans l’habitation. Bien isoler nécessite toujours une ventilation contrôlée suffisante afin d’éviter la formation de moisissure.
Isolation thermique et acoustique des murs
Il y a énormément à faire autour de l’isolation thermique depuis l’introduction de la normalisation pour la performance énergétique et le climat intérieur (EPB, en vigueur depuis le 01/01/2006). Récemment, davantage d’attention a également été accordée à l’isolation acoustique - en première instance pour les blocs d’appartements et les maisons de rangée - avec la norme NBN S 01-400-1.
La protection contre la nuisance sonore dans les bâtiments est une donnée de construction devant initialement être intégrée au projet. Intervenir par la suite est difficile, couteux et n’atteint jamais la même efficacité que ce qui est possible pour la nouvelle construction. Cela est souvent perçu comme “un pansement sur une jambe de bois”. Le choix correct du matériau est une base indispensable pour la réalisation d’un confort acoustique optimal dans l’habitation.
Cela s’applique évidemment aussi à l’isolation thermique, pour laquelle un énorme choix est commercialisé. Cela revient tout d’abord à isoler “la couche externe” de l’habitation : les murs et la toiture. Le fonctionnement total de l’isolation ne vaut que le maillon faible, ce qui signifie que cela a peu de sens d’isoler correctement une toiture si la fenêtre de la toiture n’offre absolument pas de fonction isolante. L’attention pour l’isolation est aujourd’hui si instamment présente que le risque de la surisolation menace. Une habitation “hermétique” peut bien constituer “l’idéal”, elle n’est plus habitable
! Isolation et ventilation ne sont pas à séparer et doivent être en équilibre.
Isolation de la toiture. Indépendamment de la forme de la toiture qui emporte l’adhésion – ou qui est imposée par les prescriptions de construction – une isolation efficace de la toiture est indispensable. Il ne sert en effet à rien de prendre des mesures pour l’isolation de la maison, si tous ces effortssont perdus à cause de la toiture.
L’isolation de la toiture est indispensable pour limiter la perte de chaleur à partir de la maison et donc pour atteindre un confort de logement plus élevé. Pensez en première instance à l’isolation du sol du grenier de façon à ce que la chaleur des chambres sous-jacentes ne puisse pas s’échapper par le grenier. A côté de cela, l’isolation de la toiture est importante pour protéger la structure portante et limiter la condensation de surface. L’isolation peut elle-même être attaquée par une formation de condensation interne et doit par conséquent être protégée contre cela. Cela peut se faire par le placement d’un pare-vapeur, à choisir en fonction du type de plancher de toiture, du matériau d’isolation appliqué et de la classe de climat intérieur du bâtiment.
Ventilation et airco
L’aération d’une habitation est évidente, mais était jadis bien plus simple. Ouvrir une fenêtre aujourd’hui n’est souvent plus possible, car on travaille toute la journée. La meilleure qualité et les exigences d’une nouvelle construction font que l’intérieur est quasi fermé hermétiquement. Aérer ne peut dès lors se faire que « mécaniquement ». Depuis que la législation sur l’énergie est d’application pour les nouvelles constructions (01/01/2006), des mesures doivent être prises pour l’aération, sans pour autant perdre de l’énergie pour le chauffage.
La norme NBN D 50-001 « Normes de ventilation dans les constructions destinées au logement » définit comment un bâtiment permis de bâtir ou de rénovation est exigé, doit être équipé pour assurer une ventilation correcte des pièces. Il y a une multitude de possibilités dans le commerce. Il existe des châssis avec bouches d’aération comme solution simple, ainsi que des systèmes à alimentation
naturelle et évacuation de l’air mécanique (Système C), à côté par exemple d’un système de ventilation d’avant-garde avec récupération de chaleur (Système D). Ce dernier est un système mécanique
qui insuffle de l’air frais dans les pièces et qui évacue l’air via les salles de bain, la cuisine, les toilettes et la buanderie. De plus, un filtre à pollen incorporé garde l’air aspiré stérile. En incluant une pompe à chaleur dans le système, l’air insufflé peut être économiquement préchauffé en hiver ou refroidi en été.
Il ne doit pas faire une chaleur tropicale pour goûter au confort de l’air conditionné ! Par ailleurs, il s’agit de bien plus que de l’influence de la température, c’est la création d’un microclimat ressenti comme agréable. L’airco est également à mettre en rapport avec la purification de l’air, car l’air que nous respirons est pollué, peu importe l’endroit où l’on se trouve. Plus la qualité de l’air respiré est meilleure, plus c’est bon pour la santé. C’est pourquoi certains appareils sont équipés de filtres qui aident à éviter la diffusion de bactéries et de virus.
Celui qui envisage l’airco pour la nouvelle construction peut combiner de manière efficace le refroidissement, le chauffage et la ventilation grâce aux systèmes les plus actuels. Une bonne installation airco est le résultat d’une collaboration harmonieuse entre l’architecte, le fournisseur et l’installateur. L’architecte doit prévoir dans son plan suffisamment d’espace pour une intégration optimale de la technique, alors que l’installateur doit intégrer le système de manière professionnelle dans le bâtiment.
En cas d’installation multi-split, une unité externe peut alimenter plusieurs unités internes, ce qui suffit pour une maison entière. Des systèmes plus grands utilisent un échangeur air/air ou un échangeur air/eau. Dans ce dernier cas, le chauffage par le sol et le chauffage de l’eau des sanitaires peut être assuré par l’installation airco. De plus, d’avril à septembre, il est possible de connecter le chauffage de la piscine, alors que durant les mois d’hiver toute la capacité est accordée au chauffage de la maison.
Rénover économiquement
Vous achetez une maison ancienne et charmante qui, moyennant une minutieuse rénovation, répond parfaitement à tout le confort de logement. Mais qu’en est-il de la performance énergétique de cette maison? La maison de vos rêves est probablement mal ou pas isolée et si c’est le cas, ce n’est probablement pas bien ventilé non plus. Pour la rénovation - où un permis d’urbanisme n’est pas obligatoire - il n’existe pas encore de directives strictes pour la performance énergétique. Pour la nouvelle construction, vous commencez avec une feuille vierge. Vous pouvez aussi bien développer de manière optimale l’orientation de la maison, la compacité que l’isolation et la ventilation, et façon de parler, construire en fonction d’une faible consommation énergétique. Si vous achetez une maison existante, vous devrez alors isoler par la suite afin d’en faire une maison à faible consommation énergétique. Ce n’est donc pas une mince affaire.
Heureusement, en Flandre, il existe de nombreuses organisations qui fournissent totalement librement et objectivement des conseils et des informations au sujet de la rénovation durable, écologique ou économique. Chaque organisation met ses propres accents. Économique ou durable n’est pas nécessairement écologique. Rénover économiquement signifie que vous consacrez surtout l’attention à une bonne isolation et ventilation. Construire écologiquement se fait tout d’abord en utilisant des matériaux naturels et écologiques. Il n’y a pas de frontière délimitée. Déterminez pour vous-même ce à quoi vous accordez le plus d’importance: l’économie, l’écologie ou les deux. Peu importe le stade de construction ou de rénovation dans lequel vous vous trouvez, les organisations telles que l’ASBL Dialoog, le Milieuadvieswinkel et l’ASBL Cedubo vous donnent des conseils de construction adaptés et souvent aussi “diminuant la consommation”. Où pouvez-vous adresser vos questions ?
Chris De Smedt ■ Source : Bouwspotter – Eigentijdse renovaties (rénovations contemporaines)
Astuces pour une rénovation économique
Rendez d’abord votre maison étanche à l’air et au vent !
1. Apposez un solide plâtrage sur les murs ;
2. Équipez la toiture d’un pare-vapeur ou d’un pare-air continu ;
3. Isolez suffisamment votre maison ;
4. Limitez l’assaut du vent sur les façades en aménagement l’espace extérieur (par exemple avec des arbres et des plantes);
5. Si vous installez une boîte aux lettres dans la porte ou dans le mur, utilisez donc un pare-vent surélevé ;
6. Évitez les fuites via les portes de garage et les trappes du grenier ;
7. Interstices étanches le long des fenêtres et des portes ;
8. Insérez une doublure entre le mur et le toit, le mur et le plafond et le mur et le sol;
9. Obstruer les cavités du sol où passent les conduits pour éviter les courants d’air ;
10. Ne placez pas de feu ouvert
Texte: Chris De Smedt ■ Source : Bouwspotter – Eigentijdse renovaties (rénovations contemporaines)
