Dossier: Construction durable et basse-énergie

Qu’entend-on par construction durable ?

Derrière le mot « Durable » se cachent deux notions. D’une part, cette appellation fait référence à une longue durée de vie et, de l’autre, au respect de l’environnement. Dans le secteur du bâtiment, par construction durable, nous entendons une combinaison de ces deux notions. La construction durable implique que l’on construit ou transforme dans le respect de l’homme et de l’environnement, sans pour autant faire la moindre concession pour ce qui est du confort des habitants. La construction durable se base en fait sur deux principes essentiels:

  • une habitation économe en énergie et qui ne dépend quasiment pas de l’utilisation de carburants fossiles
  • une habitation qui se compose de matériaux de construction qui engendrent une charge minimale pour l’environnement. A cet effet, il faut penser à des matières premières écologiques et à des matériaux dont la durée de vie est très longue, qui peuvent en outre être facilement recyclés ou qui provoquent un minimum de déchets. Une habitation durable et soucieuse de l’énergie repose sur quelques règles de base. Plus vous respecterez ces règles de façon stricte, plus votre habitation sera durable et économe.

Veillez à la compacité

Pouvoir qualifier une nouvelle construction ou une habitation existante comme étant soucieuse de l’énergie dépend essentiellement de sa compacité, c’est-à-dire du rapport entre la surface de l’enveloppe extérieure et le volume protégé d’un bâtiment. Plus une habitation est compacte, moins elle compte de murs extérieurs et, par conséquence, une quantité moindre d’énergie se perd au travers des murs. Les maisons mitoyennes sont plus compactes et, par conséquent, plus économes en énergie que les maisons isolées. Une maison mitoyenne présentant un volume identique et les mêmes épaisseurs d’isolation et valeurs d’étanchéité à l’air qu’une maison isolée, entraîne 30% moins des frais de chauffage.

Profitez du soleil

Si le salon, la salle à manger et la cuisine sont au sud, en hiver vous pouvez laisser entrer un maximum de lumière du soleil et de chaleur par de grandes fenêtres. Votre facture de chauffage et d’électricité diminuera ainsi de 5 à 10 %. Les pièces devant être moins chauffées, par exemple le hall d’entrée, le débarras ou la buanderie seront de préférence dotées de plus petites fenêtres, moins nombreuses, et seront regroupées du côté nord et ouest.

Eviter les déperditions de chaleur

Meilleure est l’isolation d’une habitation, moins les déperditions de chaleur par l’enveloppe d’un bâtiment sont importantes. Dans une habitation bien isolée, les frais de chauffage peuvent diminuer de 30 à 40 %. De plus, un système de chauffage d’une puissance calorifique moindre suffit et votre qualité de vie s’en trouve meilleure. Les courants d’air et le froid restent à l’extérieur et, pendant l’été, il ne fait pas trop chaud à l’intérieur. Il est essentiel que l’isolation soit correctement placée, sans interruptions, sinon il se crée des ponts thermiques le long desquels la chaleur s’échappe vers l’extérieur. En outre, les ponts thermiques peuvent être à l’origine de taches d’humidité visibles et de nuisances olfactives.

Eviter la surchauffe

Une habitation chaude est importante, mais ce n’est pas tout. Durant les périodes chaudes de l’année, il est tout aussi important d’éviter toute surchauffe et que l’habitation reste fraîche. Des pierres bien isolantes y contribuent tout comme le concept global de l’habitation. Dans la phase de conception du bâtiment déjà, il faut dans un premier temps choisir l’orientation appropriée de l’habitation et une répartition optimale des pièces à l’intérieur. Les porte-à-faux de la façade permettent d’éviter que le soleil pénètre de façon inconsidérée dans l’habitation tout veillant à ce que cela ne se fasse pas aux dépens de la luminosité.

Tenez l’acoustique à l’oeil

Une habitation agréable doit également être source de calme et de quiétude pour les gens qui y vivent. Il faut également en tenir compte lors de la phase de conception du bâtiment. L’utilisation de matériaux appropriés pour le gros-oeuvre contribue largement à une bonne isolation acoustique. D’autre part, une implantation réfléchie des différentes pièces de l’habitation permet d’éviter bon nombre de problèmes acoustiques. Ainsi, le garage, la salle de bains, l’entrée, le débarras… seront-ils implantés de préférence du côté bruyant de la maison tandis que les chambres à coucher et espaces de vie le seront de l’autre côté.

Optez pour des matériaux écologiques

Si vous souhaitez construire une habitation durable, il est important, outre l’aspect économie en énergie, de tenir compte de l’aspect écologique des matériaux avec lesquels vous construirez votre maison. Veillez à ce que les matériaux de construction se composent de matières premières écologiques que l’on trouve à profusion dans la nature. De plus, les matériaux doivent présenter une longue durée de vie. Pour leur production et leur transport, ces matériaux durables destinés au gros-oeuvre devraient nécessiter une consommation réduite en énergie et permettent d’éviter l’utilisation de produits nocifs dans le cadre de la production et de l’entretien. Tenez également compte des économies d’énergie que vous pourrez réaliser dans votre habitation grâce aux matériaux et aux possibilités de recyclage de ces matériaux.

Que choisir: un maison peu énergivore, basse-énergie ou passive ?

MAISONS PEU ENERGIVORES

Depuis l’introduction de la réglementation PEB, la construction de maisons peu énergivores est une obligation légale. D’autre part, les habitations basse-énergie ou les maisons passives méritent que l’on s’y arrête également.

PEB EN GUISE DE BASE

Depuis le 1er janvier 2006, toutes les habitations implantées en Flandre et pour lesquelles une demande de permis de bâtir (transformer) est introduite doivent satisfaire aux exigences visées dans la loi sur les Prestations Energétiques des Bâtiments, en abrégé PEB. En d’autres termes, l’habitation doit répondre à diverses exigences sur le plan de l’isolation thermique (le niveau K) et des prestations énergétiques (le niveau E). En outre, la valeur U maximale des parties constructives est fixée. Un système de ventilation doit être prévu et le risque de surchauffe en été doit être limité.

QUELQUES MOTS D’EXPLICATION

Niveau K maximum

Le niveau K d’une habitation ne peut pas excéder K 45. Le niveau K exprime le niveau total d’isolation d’une habitation. Il tient compte des déperditions de chaleur par les murs extérieurs, toitures, planchers et fenêtres et également de la compacité de la maison. Plus le niveau K est bas, mieux une maison est isolée et plus les déperditions de chaleur sont limitées.

Niveau E maximum

Le niveau E d’une nouvelle construction ne peut pas être supérieur à E 100. Le niveau E donne une idée de la consommation énergétique d’une habitation et de ses installations fixes. Plus le niveau E est bas, plus le bâtiment et ses installations sont économes en énergie.

Le niveau E dépend:

  • des déperditions de chaleur (isolation, vitrages,…)
  • des pertes de ventilation
  • du rendement de l’installation de chauffage et de production d’eau chaude
  • des gains solaires
  • des gains de chaleur internes (éclairage, appareillages, personnes)
  • de la consommation en énergie des pompes et ventilateurs

Valeur U maximale

La valeur U, exprimée en W/m2K, représente le coefficient de transmission thermique d’un élément de construction (fenêtres, toiture, murs, sols…). Plus la valeur U d’un élément de construction est basse, moins grande est la quantité de chaleur qui se perd au travers de cet élément. Selon la réglementation PEB, la valeur U de nouveaux éléments de construction, d’éléments transformés ou remplacés ne peut pas être supérieure aux valeurs suivantes:

  • pour les toitures ou plafonds en contact avec un grenier non isolé : 0,4 W/m2K
  • pour les fenêtres, y compris la menuiserie : 2,5 W/m2K
  • pour le vitrage en soi : 1,6 W/m2K
  • pour les murs extérieurs : 0,6 W/m2K
  • pour les planchers sur un support plein ou situés au-dessus d’un local aéré : 0,40 W/m2K
  • pour les portes et portails : 2,9 W/m2K
  • pour les murs enterrés : 0,4 W/m2K

MAISON BASSE-ENERGIE

Une maison basse-énergie ne se contente pas simplement de respecter la norme. L’isolation des toitures, murs, planchers est plus épaisse, on trouve une chaudière de chauffage à condensation, des radiateurs avec une sonde extérieure, et l’on a accordé une attention toute particulière à l’étanchéité à l’air…
Le niveau des prestations énergétiques d’une maison basse-énergie atteint maximum E60 et le niveau d’isolation est inférieur à K 30. En matière de chauffage, une maison basse-énergie consomme entre 50 et 60 % en moins qu’une maison classique alors que, les frais supplémentaires par m2 de surface au sol ne s’élèvent qu’à 50 à 100 €.

Les points élémentaires dont il faut tenir compte sont les suivants :

  • une grande compacité volumique
  • nouvelles constructions: le niveau K doit se situer entre 25 et 30
  • le vitrage doit présenter un coefficient de transmission de chaleur inférieur à <1,3 W/m2K et les profilés des fenêtres doivent isoler parfaitement
  • pour éviter la nécessité d’une ventilation mécanique: par pièce, la surface vitrée ne dépassera de préférence pas 1/5 à 1/6 de la surface au sol
  • une bonne étanchéité à l’air doit être assurée : les menuiseries doivent bien fermer et être exemptes de brèches ou de fentes
  • l’installation de chauffage doit avoir été correctement calculée et de préférence être dotée de radiateurs. Il convient d’opter pour une chaudière HR avec thermostat d’ambiance à horloge dans le living, pour une chaudière à  condensation avec sonde extérieure, horloge de réglage et vannes thermostatiques sur tous les radiateurs ou une pompe à chaleur air/eau avec horloge de réglage et vannes thermostatiques sur tous les radiateurs.
  • un système de ventilation naturelle judicieusement pensé avec aspiration par ventilateur dans les toilettes et salles de bains, active quand ces pièces sont utilisées. Le ventilateur peut fonctionner aux rayons infrarouges ou être relié à un interrupteur d’éclairage.
  • une installation distincte pour l’eau de puisage chaude, avec chauffe-eau locaux fonctionnant au gaz naturel ou un boiler central alimenté au gaz naturel.

MAISON PASSIVE

Une maison passive applique des principes identiques à ceux d’une maison basse-énergie mais de façon encore plus poussée. Ainsi, p. ex., les épaisseurs d’isolation sont-elles deux fois plus importantes que dans le cas de maisons basseénergie.
Le niveau de prestations énergétiques d’une maison passive est de maximum E30 et la valeur d’isolation est inférieure à K15. En règle générale, une maison passive consomme cinq fois moins d’énergie qu’une maison traditionnelle et deux fois moins qu’une maison basse-énergie. Pour pouvoir porter l’appellation de maison passive, la demande énergétique totale pour le chauffage des pièces et le refroidissement ne peut pas excéder 15 kWh par m2 de surface habitable sur une base annuelle.
En outre, la consommation annuelle totale en énergie primaire pour le chauffage, l’eau chaude, la ventilation et les appareils ménagers doit être inférieure à 120 kWh par mètre carré. Les besoins réduits en chaleur sont réalisés grâce à six principes de base :

  • une isolation hautement performante de l’enveloppe du bâtiment. Pour éviter les fuites d’air et les ponts thermiques, il faut accorder une attention toute particulière à une pose correcte de la couche isolante et aux détails de liaison.
  • une étanchéité extrême à l’air. Une maison passive doit littéralement être comme un « bunker » afin d’éviter que la chaleur ne ‘s’échappe’. C’est pourquoi il faut également s’attacher aux détails de liaison (c.à.d. aux endroits où les murs, les planchers et les toitures se rejoignent).
  • une captation optimale de la chaleur et de l’énergie du soleil. Dans le cas de maisons passives, les portes et fenêtres doivent présenter une valeur U < à 0,8 W/m2K. C’est pourquoi l’utilisation de triple vitrage réfléchissant la chaleur et de chambranles spécialement isolés thermiquement s’imposent.  L’orientation, la pose et la surface des vitres jouent également un rôle important.
    récupération de l’énergie provenant de la ventilation. Comme, généralement la température de l’air extérieur frais est inférieure à celle de l’air intérieur - vicié -, on enregistre des déperditions d’énergie. Dans une maison passive, l’énergie de l’air à évacuer est récupérée par un échangeur de chaleur.
  • utilisation d’appareils ménagers peu énergivores
  • utilisation de l’énergie passive (chaleur du soleil, dégagement de chaleur des personnes et appareils à l’intérêt de la maison…) afin de chauffer la maison.

D’un point de vue purement économique, les maisons passives ne semblent pas être le meilleur choix qui soit. Si l’on compare les frais d’investissement afférents au bâtiment et au système de ventilation et de chauffage avec ce que l’on aura économisé en terme de consommation en énergie sur 30 ans (la durée d’utilisation moyenne prévue d’une habitation par une seule génération), ces frais s’avèrent être supérieurs par rapport aux gains réalisés. Une maison passive contient quasiment deux fois plus de matériaux isolants qu’une nouvelle construction ordinaire, ce qui implique que les murs extérieurs sont beaucoup plus épais. Dès lors, des fondations appropriées s’imposent. De plus, une maison passive doit être ventilée tout en limitant au maximum les déperditions de chaleur. Par conséquent, toutes les brèches ou fentes d’une maison de ce type doivent être colmatées hermétiquement et il faut prévoir un système de ventilation avec récupération de la chaleur.

Tous ces éléments ont pour effet que, par m² de surface au sol, une maison coûte entre 500 et 800 € (c.à.d. environ un quart) en plus qu’une maison traditionnelle. Par contre, il est un fait qu’une maison passive enregistre d’excellents scores sur le plan écologique.

La décision judicieuse

Une construction peu énergivore, un minimum Depuis l’introduction de la norme PEB, construire des maisons peu énergivores est un minimum. Aujourd’hui, il n’est plus possible de construire à moins. La qualité des matériaux et des finitions choisis pour votre bâtiment aura non seulement un impact sur votre sentiment de confort lorsque
vous l’habiterez, mais jouera également un rôle important lorsque vous déciderez de le mettre en vente ou en location. La valeur future de votre bâtiment dépend des investissements que vous consentez aujourd’hui. Veillez à assurer une bonne isolation. La meilleure manière pour économiser de l’énergie consiste à veiller à ce que votre maison soit suffisamment isolée. Il est important de veiller à une bonne isolation des toitures, murs et planchers et de garantir un système de chauffage performant. Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez également investir dans des éléments onéreux, tels qu’un système de ventilation entièrement automatique et des panneaux solaires. Toutefois, même avec les subsides actuels, ces solutions axées sur des économies d’énergie restent relativement coûteuses. Evitez des frais inutiles Pour  pouvoir prendre une décision judicieuse, il est recommandé que vous analysiez, avec votre architecte, toutes les solutions envisageables en fonction du budget dont vous disposez. Une répartition optimale des espaces de vie de la maison, compte tenu de l’orientation du bâtiment, permet également d’éviter nombre de frais inutiles en termes de chauffage et d’éclairage.

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